Le projet
OPJ Cyganek et Julie Poulain
Pour l’ADRA, L’Île devient une consigne en trois gestes : se rassembler, tracer, regarder. N’importe quel groupe peut suivre ce protocole, chez soi, entre proches, dans l’espace public, autrement. Le protocole ne demande qu’un rouleau de ruban adhésif de couleur (ou quelques craies) et quelques minutes ; il ne laisse aucune trace permanente dans l’espace emprunteur, conformément aux exigences de l’appel.
Cette économie de moyens est délibérée : un unique rouleau de scotch suffit à réactiver l’oeuvre autant de fois que nécessaire, sans consommable à renouveler ni déchet généré par l’activation. Ce qui reste, c’est une empreinte au sol, provisoire, et les questions qu’elle pose silencieusement : à quel point sommes-nous un groupe ? Sommes-nous proches ? Quelle surface occupons-nous ensemble ? Le contour dessiné est-il celui d’une proximité choisie, ou celui d’une contrainte simplement acceptée ? Et une fois la forme regardée de l’extérieur, chacun·e s’y reconnaît-il·elle ? Qu’est-ce qui, dans cette forme, appartient à chacun·e et qu’estce qui n’appartient qu’à l’ensemble ? Le contour dessiné aurait-il été lemême avec un autre groupe ?
Une invitation, facultative, est faite aux emprunteur·ses de photographier leur Île et de la partager. Ce geste, qui prolonge l’oeuvre au-delà de chaque activation individuelle, rejoint notre intérêt de longue date pour les dispositifs qui accumulent, au fil de leurs (ré)activations, la trace de celles et ceux qui s’en sont emparés.
